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En rouge et noir

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En rouge et noir

La vibration de la semaine est … rouge et noir ! Elle parle du deuil. Voici le dessin intuitif que j’ai peint ce 22 juillet :

LA ZONE FRONTIERE DU DEUIL – ZONE DE PASSAGE

S’autoriser à faire le deuil pour passer à autre chose. Laisser le bain du traitement agir, pour passer à l’étape d’après. Un bain qui demande de s’y plonger. Se plonger dans quoi, et où ? Dans ce qu’il faut : se confronter pour évoluer, se trans-former, avancer. La frontière, cette la ligne de crête, est ténue entre la partie noir et la partie rouge. Cela s’imprime comme de la matière. Le bain de noir prend de la place, il est large. Et il revient souvent, c’est pratique. Et il y a la zone de rouge : vibrance, matière multi-modale des choses; comme des plats qui repassent, pour certaines ils sont calés sur le rythme de la lune, partie intégrante de la Nature. Rouge : dans certaines cultures c’est la couleur de l’abondance, de la performance ou encore celle du chakra racine.

Ma définition de la performance est l’adéquation différente chez chacun entre besoins, ressources, être et agir. Alors si les plats en rouge repassent, nous avons de nombreuses occasions successives de ré-ajuster notre performance, sonder nos ressources, explorer nos besoins, agir et être en conscience – constamment, indéfiniment. Ils s’agit de portes d’ouverture proposées, des chemins d’apprentissages et d’enseignements – si tant est que l’on accepte le changement, inhérent à toute croissance, à toute compréhension. Il a donc alors passage, traversée de la frontière – “qui n’est pas la frontière c’est pour cela que je l’appelle la frontière”. J’emprunte ces mots à Alexandre Jollien. Une chose a un nom jusqu’à ce que l’on puisse la traverser, la voir pour ce qu’elle est – du moins pour nous et ensuite parfois on peut l’appeler autrement, d’une façon plus juste pour nous.

 

Quand savez-vous que le moment du passage est venu ? Vous le savez quand il est là.

Byron Katie dit drôlement « Comment est-ce que je sais que j’ai fait le bon choix? Je l’ignore jusqu’à ce que le choix se fasse de lui-même! »*, et je crois bien que c’est cela. Une chose peut être floue jusqu’au moment où elle s’impose : nous nous retrouvons à agir d’une certaine façon, via une action spécifique. Avant cela, on ne la faisait pas, et là soudainement c’est fait. Et l’on sent si c’est juste pour nous.

L’EGO QUI RETIENT LE PASSAGE – LE CERBER DU PÔLE ‘CERVEAU’

Lorsqu’un changement se produit pour nous, parfois l’égo couine comme une porte qui grince, il tente de nous rappeler à l’ordre :  l’ordre de l’ombre, du stade anal qui veut régner en maître uni-dimensionnel. C’est comme une vie en 2D, ou en une 3D un peu pauvre en inspiration, en couleurs, en vision. L’ego veut nous faire changer d’avis, à la seconde, comme pour effacer ce qui a émergé naturellement, faire croire que cela n’est jamais arrivé, que c’était une illusion, une lubie, produite par la partie de nous qui ne sait pas et qui se comporte comme un enfant qui n’y connaît rien. 

Or cette partie ce n’est pas un enfant perdu qui pleurniche et s’exprime avec incohérence : c’est la partie de vous qui sait, qui fonctionne à l’instinct, sans jugement- à l’intuition. C’est celle qui voit et qui entend. Le rôle de l’ego c’est de ridiculiser cette partie-là parce qu’il ne comprend pas comment avec apparemment si peu de moyens apparents elle peut être dans le juste. L’ego c’est le tyran qui fait croire que les autres parties de vous vous tyrannisent, c’est l’expert-imposteur qui assène des vérités, des idées-reçues et des croyances.

CHANGER DE REGARD SUR LE MYTHE DE NARCISSE

Cependant, l’égo c’est aussi une partie de nous où bien sûr tout n’est pas à jeter, loin s’en faut! Autrement, ce serait simpliste, en 2D et je me retrouverais moi-même le jouet de mon ego sur ça! Il s’agit de faire une place l’égo, et pas une petite, sinon il nous mange, il nous fait prendre des vessies pour des lanternes. Attention, il ne s’agit pas pour autant de lui céder sur tout. Et en même temps il s’agit de voir comme le mythe de Narcisse n’est pas ce qu’il semble être : il est bien plus profond qu’il n’y parait. Il nous invite à nous accorder de l’amour, pour nous transformer en ce que nous sommes déjà : des parties de la Nature, des fleurs chacune unique et belle. Et si ceux qui veulent nous empêcher de voir ce qu’il y a de beau dans le conte de Narcisse étaient peut-être tyrannisés par leur ego? Et si tout simplement ils avaient du mal à accorder à leur enfant intérieur – la partie qui sait – la place qu’il peut prendre, en toute sécurité, en eux?

 

L’ÉQUILIBRE DANS LA SUCCESSION CHAOTIQUE DU ROUGE ET DU NOIR

La cohabitation du rouge et du noir, voici certainement là où l’on peut rencontrer notre équilibre intérieur, unique pour chacun. Là où l’on peut trouver ce qui fonctionne pour nous et nous permet d’avancer en conscience dans ce mélange des vases communicants – entre mort et renaissance constantes. Cela me fait penser au «Roi Lion», qui ressort au cinéma: l’histoire de la vie – en anglais plus exactement le cycle de la vie. Autant dire le cycle sans fin d’Eros et de Thanatos!  Cela ressemble à un rappel de ce ça qui nous travaille de l’intérieur, omniprésent. Tant que nous n’acceptons pas le mélange  de ces deux faces, que nous ne décidons pas en conscience de vivre en rouge ET en noir, alors nous risquons peut-être de demeurer dans une forme de sur-place, et vivre ailleurs que là où nous sommes. C’est fâcheux. La plupart du temps, d’ailleurs, ça nous fâche… Lorqu’on se bat contre ce qui se trame en nous à propos de rouge et de noir, c’est là que se source une partie de notre colère, que nous retramons au-devant avec des écrans que l’on choisit car c’est plus facile pour nous au quotidien. C’est bien naturel…

Or voici une idée de Byron Katie que j’aime beaucoup : « La réalité est toujours une histoire passée, et ce que j’aime avec le passé, c’est qu’il est terminé. » Moi aussi j’aime que le passé soit terminé! Lorsque l’on réalise cela alors vraiment, la vie a un autre goût. Oui souvent le passé nous poursuit de l’intérieur – à moins que ce soit nous qui le poursuivions, qui refusions de le laisser où il est…

 

DE L’AGILITE DU PROCESSUS EROS / THANATOS EN ENTREPRISE

Faire l’équilibre entre le rouge et le noir n’est pas une mince affaire, et c’est peu dire! C’est parfois le travail d’une vie. Et que dire de ce travail en entreprise! Il n’en est pas absent. N’est-ce pas le principe-même du fameux mode ‘agile’ ? Savoir mourir et renaitre successivement en cours d’un projet pour être au plus juste du besoin du client au moment M et avoir le droit de se trans-former pour être au plus juste de notre nature côté développeurs (en phase avec l’évolution de la technologie et des pratiques au dehors). Et cela, pour que ça colle. Oui je le crois qu’il s’agit de ça! L’ex-Scrum Master certifiée en moi ne dira pas le contraire! Et c’est bien cela qui rend la pratique difficile à mettre en place à 100% sur le terrain. En effet, le processus coulant de passage symbolique mort/vie, pourtant si prolifique et fructueux, remue les coeurs, bouscule les habitudes et frustrent les croyances. Complexe en entreprise, du moins consciemment!

Pourtant l’innovation a pris place sur le marché, et elle a belle presse : il s’agit d’être innovant pour progresser et rester à la pointe. Or est-ce qu’être innovant ce n’est pas aussi mourir un peu? Et les pointes, ça pique! Faut-il souffrir pour être beau…

Apprendre à évoluer entre vie et mort symboliques porte ses fruits : les entreprises les plus innovantes semblent être celles qui performent au plus juste de leur mission et les plus abondantes. Cependant, il semble que la marge de manoeuvre à cet endroit-là soit moins large que dans ce que l’on appelle « la vie privée ». Ma conviction est que la frontière entre les deux espaces n’existe pas : il n’y a pas de frontière sauf dans notre tête.

 

DE L’UTILITÉ DE LA FRONTIÈRE POUR NOUS

Cette frontière que nous créons nous permet de marquer le passage, de nous voir nous-même évoluer, nous trans-former. Vous voyez, tout n’est pas négatif dans l’ego ni dans l’artificialité que nous créons souvent!

 

Nous mettons en place des codes, des délimitations, des arrêtés pour mieux les dépasser, les sauter, les détruire, les contourner aussi, les éviter souvent et tourner autour. Il est plus aisé d’avoir quelque chose de tangible autour de quoi tourner que d’avancer sans but comme un poulet sans tête, n’est-ce pas? Nous sommes sacrément malins! D’ailleurs, ne dit-on pas “tourner autour du pot”? Nous y revoilà, au stade butoir! Matérialiser des frontière et des zones de passage nous permet donc de façonner notre monde, notre existence. La frontière, n’est-ce pas là où le rouge rencontre le noir, à la fois complètement et pas du tout ?

 

LE PASSAGE, UN PROCESSUS UNIQUE CHEZ CHACUN

Alors, à quel moment passe-t-on du noir au rouge, du deuil à la construction d’une nouveauté, du bain de dissolution au bain de révélation ? Peut-être que l’on est déjà dans le rouge alors que l’on se croit encore en deuil. La plupart du temps, nous percevons qu’un deuil est terminé en nous lorsque nous avons déjà bien entamé la phase de renouveau. Eh oui, il faut le temps au temps, c’est le propre du processus – qui est différent chez chacun, unique dans son évolution! Le coeur et les tripes ont déjà démarré une nouvelle phase lorsque le cerveau formule le changement. On formule lorsqu’on connait : on ne peut nommer que ce qui est devenu un minimum familier, c’est-à-dire quelque chose qui a déjà démarré.

Cela signifie que parfois nous avons comme un temps de retard sur nous-mêmes! Le pôle ‘cerveau’ (là où souvent se niche notre égo comme au perchoir) ne sait pas encore, quand les autres les pôles savent et vivent déjà le changement. Est-ce à dire que l’on ne peut que suivre un changement déjà initié? Oui je le crois profondément. Nous incarnons des micro-mouvements cellulaires déjà initiés, parfois même sans que notre coeur ou notre corps n’en aient conscience. Quand au cerveau, lui, il réagit comme il peut, quand il le peut, pour mettre des mots et des signes connus sur ce qui est déjà présent en nous et qu’il découvre. Ces éléments de transformation sont pourtant si insaisissables et en constante métamorphose! Ils sont souvent en germe quelque part depuis une période indéterminée lorsque nous les percevons en nous.

 

PERCEVOIR LES SIGNES DE L’INTUITION QUI PARLENT DU CHANGEMENT

Au lieu de nous inquiéter pour notre retard constant ou pour le manque de conformité à ce que nous voudrions être, peut-être pourrions-nous faire preuve d’une forme de compassion à notre propre égard? Nous pourrions être attentifs à notre voix intérieure – pas vraiment celle du cerveau vous l’avez compris- qui toujours donne en cadeaux les premiers signes d’un changement, d’un éveil, d’un réveil, d’une en-vie, d’un passage à venir. Si vous identifiez ces signes, uniques en chacun de nous, alors vous saurez. Vous saurez que quelque chose n’est plus et que le nouveau futur est déjà là. Vous saurez que plus tard le cycle se poursuivra et que du rouge vous repasserez au noir pour pouvoir vous transformer encore.

Dans le travail que nous faisons ensemble en sur-mesure et en multi-dimensionnel en coaching, c’est dans ce processus que je vous accompagne, pour repérer les marqueurs en vous qui vous ont déjà propulsé au devant dans vos projets, et les transformer en actions porteuses pour vos objectifs.

Pour l’instant, pourquoi ne pas savourer le présent qui est tout ce que nous avons – ou plutôt tout ce que nous sommes? Et peut-être même pouvez-vous percevoir les signes malgré les apparences, qui vous montrent que sans crier gare, que vous avez déjà passé la frontière et que la voie est libre!

Je me tiens à votre écoute, à bientôt!

  • Ici versions acoustiques  de « Johnny Johnny » (3’33’’) et « En rouge et noir » par Jeanne Mas (11’30’’). Vous les avez attendus longtemps ? Moi aussi…Belle écoute!
  • Emission “Boomerang” par Augustin Trapenard sur France Inter, interview de Jeanne Mas du 10 mai 2019 : ici
  • *Découvrir Le Travail de Byron Katie sur le portail francophone : ici . Attention ça décoiffe!
  • Découvrir mon approche du coaching en communication et développement personnel : ici.
  • Accéder à d’autres billets de blog : ici.

Crédits photos : Burst – Luca Ornaghi, Matthew Henry, Scott Murdoch, Shanu D.

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